ET oui, je suis toujours en vie ! J’ai survécu aux 3 premiers jours dans un pays où, à première vue, tout est différent…

D’abord, je suis bien arrivée, avec tous mes bagages, à Bichkek, après près de 48 heures de transport…Comme j’atterrissais à 5h le matin avec beaucoup de fatigue accumulée, j’ai passé la première journée enfermée à l’auberge par peur d’affronter l’extérieur. Pas peur des voleurs ou des gens méchants, peur parce que je savais très bien ce qui m’attendait…LE PIRE de tout ce que j’avais vu dans ma vie (je capotais un peu trop comme vous pouvez le constater !) Non, mais, imaginez-vous dans un endroit où toutes vos références visuelles n’existent plus et que vos moyens de communication ne sont pas compris par personne. Tout est en alphabet cyrillique et les gens ne parlent pas vraiment l’anglais (sauf quelques extraordinaires exceptions). Et là, je suis toujours dans la capitale. C’est vraiment effrayant au premier coup d’oeil. On ne se rends pas compte à quel point savoir lire est essentiel dans notre vie.

Rassurez-vous, hier matin, je me suis quand même botté les fesses pour sortir et affronter ma peur. J’ai passé une bonne partie de la journée à me promener en ville. Pour le dîner, j’ai commandé un encas dans un genre de casse-croûte sans savoir ce que c’était, juste en pointant le truc… Par chance, c’était bien bon et ce n’était pas du mouton!!!!

Pour le reste, Bichkek est une ville que je ne saurais classée entre pauvre, moyenne ou même riche. Oui, comme dans bcp de pays en voie de développement, il y a des chiens errants, des poubelles à aires ouvertes, des canaux dans les rues, mais outre cela, les voitures sont relativement neuves, il y a beaucoup de magasins comme au Canada, puis les gens sont « à la mode du jour »…

Ce qui est aussi très fascinant ici, c’est que je passe inaperçue. Personne ne me dévisage ou ne se retourne sur mon passage ! Moi qui avais peur de me retrouver comme en Afrique à me faire harceler toutes les cinq secondes…. Tout le contraire. Les gens font leurs affaires tranquilles. Faut dire que visuellement, les Kirghiz sont très mélangés, russes, mongols, chinois, persans, allemands. Des origines de partout. Mais d’un autre côté, le fait de passer incognito a aussi un point plus négatif, entrer en contact avec les autres devient alors plus difficile.

Finalement, après ces quelques jours d’adaptation, je compte bien partir demain ou après-demain. Oui, je suis très insécure face à ce qui m’attend, mais je commence aussi à avoir hâte de prendre la route ! Le prochain défi qui m’attend est donc celui de me débrouiller à l’extérieur de la ville. Je devrai vraiment laisser ma gêne de coté au profit de l’entregent et avoir plus confiance en moi, car je ne rencontrerai pas des auberges et des restaurants dans chaque village où je m’arrêterai. Je vais devoir aller vers les autres pour demander si je peux planter ma tente sur leur terrain par exemple, ou pour avoir un peu d’eau. J’ai toujours eu de la difficulté à demander de l’aide. Là je n’aurai pas le choix. C’est une bonne chose j’imagine…

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