(texte publié dans le journal  Le Courant des Hautes-Laurentides,  le 9 novembre 2011)

Après mon intense traversée d’une partie du Kazakhstan, j’étais assez enjouée à l’idée d’arriver en Ouzbékistan pour mon dernier mois à vélo en Asie centrale. Malgré le fait que la plupart des touristes rencontrés depuis le début de mon voyage m’ont dit qu’ils n’avaient pas aimé le pays, je sentais que j’allais bien m’amuser ici. Puis, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de montagnes et que la majorité des paysages se compose de champs qu’il n’y a rien à voir !

Depuis mon arrivée, il y a seize jours, je ne suis pas déçue. Jusqu’à présent, j’ai visité Samarkand et Khiva, deux superbes villes réputées pour leur histoire et leur architecture. De plus, j’ai mangé le plov, plat national ouzbek composé de riz, de viande de mouton, de carottes, d’oignons et d’épices. Le pain, quant à lui diffère d’une région à l’autre, mais est toujours frais et délicieux ! Puis c’est aussi la saison des récoltes, figues, pommes grenades, raisins, melons, les fruits abondent et j’en profite bien.

Par contre, bien que le pays soit très touristique (surtout chez les groupes d’européens de plus de 50 ans) c’est fou comme je ne passe pas inaperçue, et ce, même quand je ne suis pas sur le vélo ! Je me sens tellement regardée, épiée, que j’ai dû adopter un look plus masculin quand je roule. Je porte maintenant casquette, lunettes de soleil et vêtements sobres et amples. Malgré cela, rien n’y fait, j’entends sans cesse des gens me siffler et me crier de m’arrêter pour parler avec eux. D’après moi, le fait que je sois une fille qui voyage seule et en vélo explique bien des choses, la société ici est encore très ancrée dans les traditions, la femme, normalement, doit se marier le plus tôt possible et avoir des enfants. Les têtes se tournent sur donc sur mon passage et les regards sont très curieux. Parfois,  je sens même ces regards méchants, laissant induire une sorte d’incompréhension à mon égard, du genre, comment peut-elle voyager sans mari ? Malheureusement, toutes ces attentions peuvent à la longue devenir assez lourdes. Bien que je ne remets pas en question la gentillesse des Ouzbeks,  je trouve  parfois difficile la façon qu’ont certains de réagir à ma présence.

Malgré tout, je sais que chaque pays a ses bons et moins bons côtés et l’Ouzbékistan n’y échappe pas.  Au-delà de cela, je me sens tout de même en sécurité ici, le fait qu’il y a énormément d’infrastructures touristiques facilite grandement mon périple et me permet de rencontrer d’autres voyageurs.  Par contre, je sens déjà la fin approcher et cela me rend un peu triste. Ici, je râle un peu contre l’attitude accaparante des Ouzbeks, mais une fois au Québec, je m’en ennuierai !

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