(texte écrit à l’origine pour le Blogue de la boutique Le Yéti, j’y ai simplement ajouté quelques photos…)

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Aujourd’hui, je vous écris de Woodbine, un petit village de la Géorgie où je profite de ma journée de congé hebdomadaire pour écrire ce petit texte en regardant la pluie tomber (3ème jour de pluie en 25 jours, c’est une bonne moyenne).

Pour vos mettre à jour, j’en suis à mon 1854ième kilomètre et il me reste 8 jours de vélo et 665 kilomètres à faire jusqu’à Miami, ce qui en plein dans les temps.

Au cours des deux dernières semaines, j’ai donc pédalé en Caroline du Nord, en Caroline du Sud et en Géorgie. Ce qui m’a le plus marquée : le fait qu’il n’y ait presque aucun accotement sur les routes de la Caroline du Sud. Par chance, ce n’est pas encore la saison touristique parce que c’est tellement épuisant et stressant de rouler sur des routes qui ne sont pas du tout « bike friendly ».   Dans les autres états visités, il m’est arrivé de devoir pédaler sur des sections sans accotement, mais jamais sur de longues distances, fiou! Bref, si vous pouvez éviter la HWY 17 en Caroline du Sud, je vous le conseille fortement. Évidemment, ça fait souvent faire un détour, mais si le temps vous le permet, n’hésitez pas.

Sinon, il y a quelques jours j’ai rencontré 2 Québécois en road trip sur la côte Est, et en discutant de nos impressions sur le voyage et sur les Américains, nous avions la même conclusion. Évidemment, mon opinion est très subjective, mais je dois avouer que ce qui me frappe, et ce, depuis le début du périple à New York, c’est leur forte individualité. Étonnement, je ne vois pas cela comme quelque chose de négatif, mais pour avoir voyagé au Québec et dans plusieurs autres pays, j’adore le fait qu’ici peu de gens me regardent, me dévisagent ou me suivent du regard quand je pédale. Que je sois une fille ou un gars ne semble pas changer grand-chose non plus. La plupart des gens ne viennent pas spontanément vers moi et ont l’air plus préoccupé par leurs propres besognes et personnellement, cette attitude me convient parfaitement. Je me sens très en sécurité là-dedans, et comme je suis une personne assez solitaire, ici j’ai ma bulle! Superficiellement, tout le monde est gentil et aimable, on se dit bonjour avec le sourire, mais sans plus. Par contre, pour les fois où j’ai eu à demander de l’aide, ce fut toujours avec joie et réel plaisir que les gens m’ont aidée, et ce, avec une fierté digne des Américains!

Un bon exemple de cette individualité : la semaine dernière, alors que je me rendais dans la superbe ville de Charleston, j’ai dû affronter une grosse tempête sur les 30 derniers kilomètres de ma journée. Pluie torrentielle, vent, éclairs, tonnerre, sur une route majoritairement sans accotement! Par chance, il y avait une piste cyclable sur le gigantesque pont de Charleston, mais rendue là, il devenait presque impossible de rouler tellement la pluie et le vent me fouettaient le visage (et je voyais la foudre tomber à quelques centaines de mètres devant moi). Je paniquais un peu, quand un jeune cycliste très bien équipé me dépassa et me demanda si tout était OK. J’ai répondu dramatiquement non, que j’avais vraiment peur de l’orage! Et lui de continuer sa route comme si de rien n’était… Sur le coup, j’ai trouvé ça ordinaire, mais je persiste à continuer mon chemin. Quelques kilomètres plus loin, à la sortie du pont, j’aperçois ce jeune homme qui m’attend, trempé, à la grosse pluie battante. Il voulait savoir si j’avais un endroit où dormir à l’abri, car il vit dans le quartier et ne voulait pas que je fasse du camping. J’ai dû refuser son offre, car mon hôte Warm Shower m’attendait, mais ça m’a quand même fait bien plaisir… Comme quoi, cette individualité américaine n’est pas si grave!

En terminant, quand je pense que dans 2 semaines je serai déjà revenue au Québec, je trouve que le temps passe beaucoup trop vite quand on est sur son vélo et que tout va si bien! Le prochain texte fera donc le bilan de cette incroyable petite aventure. Et d’ici là, je vous invite à me suivre sur Instagram et sur ma page Facebook  pour des nouvelles quotidiennes.

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